Les déos et antitranspirants
Les déodorants sont parfois mis en cause, accusés de favoriser le cancer du sein. Pourtant, à ce jour, aucune étude scientifique n'a attesté de la véracité de cette rumeur, bien au contraire. Retrouvez, avec le Docteur François Lokiec – Chef du service Pharmacologie du Centre René Huguenin pour la lutte contre le cancer à Paris en France – les réponses aux questions fréquentes sur l'utilisation des déodorants et anti-transpirants.
1. Les sels d'aluminium servent à réduire le processus de transpiration en resserrant les pores de la peau.
VRAI : Les anti-transpirants limitent la transpiration au niveau des aisselles, sans la bloquer totalement. Ils agissent directement sur le processus en resserrant les pores de la peau - ce qui permet de modérer la sécrétion de sueur et de limiter les odeurs, grâce à l'action d'agents antibactériens.
2. Les anti-transpirants réduisent la transpiration, ils empêchent donc d'éliminer les toxines, ce qui augmente les risques de cancer du sein.
FAUX : Le corps n'élimine pas les toxines par la sueur mais par le foie et les reins. La transpiration est un phénomène physiologique qui sert à réguler la chaleur du corps, lui permettant de se maintenir à une température interne stable, et ce, quelles que soient les conditions extérieures. Les anti-transpirants n'empêchent donc pas d'éliminer les toxines et, par conséquent, n'augmentent pas les risques de cancer du sein.
3. Les anti-transpirants contiennent des sels d'aluminium qui favoriseraient le développement du cancer du sein.
FAUX : Plusieurs études scientifiques récentes ont démontré que l'utilisation d'anti-transpirants contenant des sels d'aluminium ne constitue pas un facteur de développement de cancer du sein.En 2007, un groupe d'experts en cancérologie présidé par le Pr Moïse Namer, oncologue (Nice-France), a procédé à une analyse approfondie de l'ensemble des données scientifiques traitant de l'hypothèse d'un lien possible entre anti-transpirants et cancer du sein. Cette étude minutieuse a démontré qu'aucune preuve scientifique n'existe à ce jour attestant d'une quelconque interaction entre déodorants et cancer du sein . Ces conclusions rejoignent ainsi celles émises par les autorités de santé internationales* : il n'existe aucun lien avéré entre les déodorants et anti-transpirants contenant des sels d'aluminium et le développement du cancer du sein.
* L'AFSSAPS(2) en France (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) ou la FDA(3) (Food and Drug Administration) aux Etats-Unis.
4. Les déodorants et anti-transpirants contiennent des parabènes.
FAUX : Ils n'en contiennent pas. Etant déjà eux-mêmes, par leur composition, bactéricides, les déodorants et anti-transpirants n'ont aucun besoin de ces antibactériens conservateurs que sont les parabènes. Les déodorants et anti-transpirants commercialisés par Unilever sont donc totalement dépourvus de parabène.
5. Les anti-transpirants sont des produits cosmétiques dont la composition est strictement encadrée par la réglementation européenne.
VRAI : La composition des anti-transpirants est effectivement strictement encadrée par la réglementation européenne, avec pour base législative la Directive Cosmétique EU 76/768 du 27 juillet 1976. De plus, avant toute commercialisation, chaque produit est testé et évalué par des experts agréés en toxicologie afin de garantir la sécurité et l'innocuité des produits cosmétiques.
(1) Namer M, Luporsi E, Glogorov J, Lokiec F, Spielmann M. L'utilisation de déodorants/anti transpirants ne constitue pas un risque de cancer du sein. Bulletin du Cancer, 2008 ; 95 (9) : 871-80.
(2) Commission de cosmétologie de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS), Bulletin Vigilances n°31 :
http://afssaps.sante.fr/htm/5/indbvigi.htm

